Large-scale analysis demonstrates the influence of CYP2C19 genotype on specific SSRI side effects.
Couple gène-médicament / mécanisme
Le génotype CYP2C19 définit un continuum de capacité métabolique, du métaboliseur ultrarapide au métaboliseur lent, gradé ici de 0 à 4 et régressé sur les critères de réponse aux ISRS.
Résumé
Les auteurs ont évalué l'effet du génotype CYP2C19 sur la réponse aux ISRS chez 114 627 participants à un programme de recherche, en gradant le statut métaboliseur de 0 pour les ultrarapides à 4 pour les métaboliseurs lents, puis en régressant les critères de réponse sur ce grade. Chez les participants traités par escitalopram ou citalopram, les métaboliseurs les plus lents rapportaient significativement plus souvent des effets indésirables (OR 1,04 par grade, IC 95 % 1,02-1,06 et OR 1,05 par grade, IC 95 % 1,02-1,07) et interrompaient plus souvent le traitement pour cette raison (OR 1,05, IC 95 % 1,03-1,08, soit 29,7 % des métaboliseurs lents contre 21,6 % des ultrarapides ; OR 1,07, IC 95 % 1,04-1,11, soit 25,7 % contre 20,2 %). Sous escitalopram, les métaboliseurs lents déclaraient davantage de troubles du sommeil et de troubles sexuels ; sous sertraline, ils rapportaient plus souvent des tremblements. Les auteurs concluent que ces différences substantielles de risque d'effets indésirables selon le génotype soutiennent une sélection du traitement guidée par la pharmacogénétique.
Synthèse rédigée par Geno'X. Pour l'abstract original complet, consulter la publication source.
Analyse
L'odds ratio par grade, autour de 1,05, est trivial pris isolément, mais l'écart entre les deux extrémités du spectre métabolique, 29,7 % contre 21,6 % d'arrêts pour effets indésirables, est parfaitement lisible en consultation : c'est ce chiffre qu'il faut retenir. La limite tient au recueil, avec des effets indésirables déclarés par les participants eux-mêmes, sans échelle de sévérité ni vérification de la posologie prescrite, dans une cohorte de recherche volontaire peu représentative de la patientèle psychiatrique. L'association entre génotype et effet indésirable est ici solide ; elle ne dit rien du bénéfice de tester avant de prescrire, question à laquelle l'essai randomisé publié la même semaine répond par la négative.
Analyse par Dr Thibaut Benquey
Pourquoi ce score ?
Impact clinique : 2/3 · Solidité de l'évidence : 2/3 · Nouveauté : 1/2 · Effectif : 1/1 · Statut de publication : 1/1 → Total : 7/10
Mots-clés
Autres articles sur CYP2C19
Chaque mercredi · Sélection commentée · Gratuit · Désabonnement en 1 clic